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Info générale

Masque obligatoire dès aujourd’hui : ce qu’il faut savoir

20 juillet 2020 à 08h57 Par Iris Mazzacurati avec AFP
Le port du masque, un "moindre mal" pour éviter un reconfinement, selon Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital Pompidou à Paris.
Crédit photo : Pixabay

Le port du masque est obligatoire dès aujourd’hui dans les lieux publics clos, partout en France. Où faut-il le porter ? Combien cela vous en coûtera-t-il si vous ne le portez pas ? On vous dit tout.

Il a d’abord été considéré comme "dangereux", puis a été fortement recommandé, le voici obligatoire… Le gouvernement a tranché : il faudra porter un masque, à partir de lundi 20 juillet.

Toute omission entraînera une amende de 135 euros. Si le principe et la date de cette obligation étaient connus, face aux signaux d'un léger regain de l'épidémie de coronavirus, une incertitude courait sur la sanction en cas d'infraction.

Alors que les autorités considéraient il y a quatre mois comme "inutile" le port du masque pour les personnes n'étant pas malades, il est désormais imposé à tout le monde dans les "magasins de vente, centres commerciaux, administrations, banques et marchés couverts", a détaillé la Direction générale de la Santé (DGS) dans un texte transmis à l'AFP. 

Ces établissements s'ajoutent à la liste des lieux où le port du masque était déjà prévu pour lutter contre le Covid-19 :

  • Les salles de réunion et de spectacle
  • Cinémas
  • Restaurants
  • Hôtels
  • Salles de jeux
  • Etablissements d'enseignement
  • Centre de vacances
  • Bibliothèques
  • Lieux de culte
  • Etablissements sportifs couverts
  • Musées

Emmanuel Macron avait annoncé le 14 juillet que l'obligation de porter un masque entrerait en vigueur le 1er août, mais la date a été rapidement avancée, face aux critiques des médecins qui alertent sur des "signaux faibles" de reprise de l'épidémie et le relâchement des mesures barrière.

Le port du masque est un "moindre mal" pour éviter un reconfinement, avait prévenu mardi Philippe Juvin, chef des urgences de l’hôpital Pompidou à Paris. "Il y a un vrai sujet sur le relâchement des gestes barrières, c'est bien montré par toutes les enquêtes d'opinion, il suffit d'aller dans la rue pour voir", a-t-il souligné.

Transmission par aérosol

Au niveau national, le taux de reproduction effectif du virus (ou "R effectif", basé sur les tests virologiques positifs) est repassé légèrement au-dessus de 1 depuis la première semaine de juillet, et se situe actuellement à environ 1,20, selon Santé publique France. Cela signifie que chaque malade du Covid-19 contamine en moyenne 1,2 autre personne, ce qui va dans le sens d'une tendance à l'augmentation de la circulation du virus.

Selon le ministère de la Santé, la situation sanitaire en France, hors Mayotte et la Guyane qui subissent toujours la première vague, "montre des signaux d'une détérioration légère, mais encore incertaine", après plusieurs semaines de recul puis de stabilisation de l'épidémie.

"La vigilance de tous est plus que jamais nécessaire pour éviter un rebond épidémique". 

Autre facteur qui justifie cette décision : les "incertitudes" sur la transmission du virus dans l’air.

Ce sujet "a fait l’objet le 6 juillet d’une lettre à l’OMS signée par 239 scientifiques issus de 32 pays, qui ont notamment fait part de leurs observations sur la fréquence des contaminations et des clusters en milieu clos, particulièrement en cas de brassage d'air, et même en l'absence de projection directe", indique la DGS. 

Des masques pour tous ?

Une ultime question se pose: y aura-t-il suffisamment de masques pour tout le monde ? La réponse est oui. Très critiqué pour l'absence d'un stock stratégique au début de l'épidémie, le gouvernement veut atteindre l'objectif d'environ 60 millions de masques d'ici octobre, contre 3,5 millions avant la crise.