A$AP Rocky signe un retour audacieux avec Don’t Be Dumb

Publié : 19 janvier 2026 à 10h38 par Jean-Baptiste PIERRON

Crédit image: A$AP Rocky

Huit ans après Testing, A$AP Rocky fait enfin son grand retour. Le rappeur new-yorkais a dévoilé le 16 janvier 2026 son quatrième album studio, Don’t Be Dumb, un projet ambitieux, expérimental et profondément artistique, qui confirme une fois de plus son refus de toute norme.

L’attente aura été longue : huit longues années. Ce vendredi 16 janvier A$AP Rocky dévoile son quatrième album studio : Don't be dump. Après avoir dévoilé la date lors d'un festival le rappeur est de nouveau à la une avec une sortie musicale et A$AP Rocky n’est pas du genre à revenir sans idée forte. Avec Don’t Be Dumb, l’artiste new-yorkais propose un disque dense et audacieux, pensé comme une véritable œuvre globale. Dès les premières écoutes, on comprend que Rocky ne cherche pas à suivre les tendances, mais bien à imposer sa propre vision. Rap, pop, jazz, électronique ou encore sonorités symphoniques se croisent tout au long du projet, dans un mélange parfois déroutant mais toujours maîtrisé.

Un album pour mélanger les genres

L’album est fortement marqué par l’univers du cinéma, une passion assumée par l’artiste depuis plusieurs années. La pochette, signée Tim Burton, donne immédiatement le ton : sombre, étrange, presque inquiétante. Une esthétique qui se prolonge dans la musique, puisque plusieurs morceaux ont été conçus en collaboration avec Danny Elfman, compositeur de musiques de films mondialement reconnu. Cette association donne naissance à un univers sonore très cinématographique, oscillant constamment entre rêve et cauchemar, douceur et chaos. Musicalement, Don’t Be Dumb est un album exigeant. Les productions jouent souvent sur des rythmes dissonants, des structures répétitives et des ruptures soudaines. Certains morceaux se montrent agressifs, presque bruts, quand d’autres prennent le temps d’installer des atmosphères planantes et introspectives. Tout n’est pas immédiatement accessible, mais A$AP Rocky assume pleinement cette prise de risque artistique, fidèle à l’esprit qui animait déjà Testing.

Quelques attaques pour Drake

Ennemi de longue date, A$AP Rocky profites aussi de ce projet pour se payer Drake.  Rocky s’en prend d’abord à l’image artistique de son ancien ami, l’accusant implicitement de s’approprier les flows et les codes d’artistes innovants pour nourrir son succès, une critique récurrente associée à l’étiquette de « culture vulture ». Il y ajoute des piques plus personnelles, évoquant des rumeurs persistantes et des humiliations symboliques, notamment autour de relations amoureuses très médiatisées qui ont longtemps alimenté les comparaisons entre les deux rappeurs surtout avec Rihanna. C'est en effet le premier album d'A$AP Rocky depuis qu'il est avec la chanteuse de la Barbade. Au fil du projet, le ton se durcit ensuite envers le canadien. Certaines lignes prennent une dimension plus menaçante, jouant sur des références géographiques et une posture de confrontation directe, comme si le conflit dépassait désormais le simple clash artistique. Enfin, Rocky multiplie les allusions transparentes à la vie privée et à la discographie de Drake : son rôle de père, ses relations passées, mais aussi des titres et albums emblématiques de sa carrière. L’ensemble dessine le portrait d’une rancœur profonde, née d’une amitié autrefois affichée, mais visiblement transformée en rivalité ouverte et assumée.